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La méthode en 3 étapes pour attirer durablement les papillons chez vous


C’est le printemps, il fait beau et il fait chaud !

On est dimanche après-midi et vous venez de terminer un copieux repas de famille. Vous décidez de marcher un peu dans votre jardin pour digérer puis de faire une sieste bien méritée dans votre hamac.

Mais avant de vous endormir, le rouge profond des roses couplé au divin parfum des lavandes vous fait prendre conscience de votre chance : vous possédez un jardin formidable.

Cependant, en regardant autour de vous, vous constatez avec surprise qu’il manque quelque chose à ce tableau : des papillons, évidemment  !

Parce qu’un jardin sans papillons, c'est triste et en plus vous vous privez d'un excellent pollinisateur ! 

Pour vous éviter cette situation, je vais vous dévoiler une stratégie en béton armé qui va vous expliquer étape par étape comment attirer les papillons durablement.

Étape 1 : Comprendre et répondre aux besoins des papillons

Pendant plusieurs année j'étais dans une situation cocasse : j'avais un potager diversifié avec un tas de pollinisateurs comme les abeilles ou les bourdon mais pas un seul papillon.

Puis un jour, un naturaliste expérimenté qui bossé sur la conservation des papillons en France me proposa un exercice pour comprendre mon erreur.

Je vous propose de le faire ensemble.

Exercice 1 : Où avez-vous le plus de chance de survivre ? 

Pourquoi ?

Vous avez les réponses ? Évidemment, la réponse était la forêt luxuriante.

Le pourquoi est moins évident. 

Nous choisissons la forêt car nous savons qu'il sera plus simple d'y survivre. 

Ce phénomène est valable pour tous les êtres vivants sur Terre, y compris les papillons.

A retenir :

Le secret pour attirer les papillons durablement dans votre jardin, c'est de les comprendre et de répondre à leurs besoins !

Étape 2 : Semer et conserver des plantes hôtes

Dans la grande majorité des cas, la source du problème est le manque de plantes favorables à la ponte.

En effet, les papillons sont des espèces très particulières puisque la femelle de chaque espèce ne pond que sur une plante (ou famille de plantes) bien précise. On appelle cette plante : la plante hôte.

Pas de plantes hôtes, pas de ponte. Pas de ponte, pas de papillons. Pas de papillons, pas de papillon.

La cause de cette particularité : la coévolution

On peut voir la coévolution comme une course à l’armement entre deux organismes vivants. Chaque partie tente de surpasser ou s'adapter à l’autre pour sa propre survie.

Ce processus millénaire a conduit à des adaptations très spécifiques qui empêche aujourd'hui la majorité des papillons de pondre sur une autre plante.

Donc, si vous voulez accueillir un papillon en particulier, il va falloir semer ou conserver la (ou les) plante associé. Ce n’est pas évident, surtout si on est débutant.

Alors, pour vous permettre d’avoir rapidement une belle diversité de papillons je vous ai sélectionner deux plantes hôtes indispensables.

A) L'ortie dioïque : l'indispensable plante hôte

L’ortie est considérée comme la Reine des jardins à papillons. Il existe différentes variétés d’orties, je vous conseille l’Ortie dioïque.

En effets, des dizaines de papillons lui sont inféodés. Parmi eux, on retrouve certains des plus beaux papillons de France tel que le Paon de jour (Aglais io).

Accueillir l'Aglais io

Pour l'accueillir, planter des orties (Le Paon de jour (Aglais io))

Alors, si vous avez déjà quelques orties, surtout ne les arrachez pas.

Aucune trace d’ortie dans votre jardin ? Ce n’est pas grave, vous pouvez en semer directement. Désormais, on trouve des graines un peu partout (jardinerie, Amazon ou encore semencier bio).

L'ortie dioïque se prête très bien à une culture en bac, si vous n’avez pas beaucoup de place. Les orties se plaisent dans un sol riche et humide mais toujours bien drainé.

Les premiers mois, arrosez abondement, ensuite, l’ortie ne demande pas d’entretien.

B) La violette : plus de couleurs, plus de papillons

La violette est la plante hôte de plusieurs espèces de papillons dont le tabac d’Espagne (Argynnis paphia). De plus, cette plante apportera une touche de couleur supplémentaire dans votre jardin.

Semer la de mai à juin. Elle supporte bien la sécheresse mais tolère mal l’humidité permanente.

Elle prospère facilement à la mi-ombre mais supporte le plein soleil si vous l’arroser régulièrement.

Accueillir le Argynnis paphia

Le Tabac d'Espagne (Argynnis paphia)

Exercice 2 : La vie dans les (mauvaises) herbes

Imaginez-vous, vous êtes un magnifique papillon, vous virevoltez à la recherche d’une ou un partenaire.


Puis, vous tombez sur la perle rare et vous donnez naissance à une multitude de petites chenilles au printemps.


Cette descendance se prélasse tranquillement sur leur plante hôte, lorsque le bruit sourd d’une machine humaine vous vient aux oreilles (tympans pour être exact).


C’est la fameuse débroussailleuse.


Diable, vous devez fuir, vite ! Ouf, c’était moins une. Vous êtes bien content d’avoir des ailes.


Malheureusement, votre progéniture n’a pas eu cette chance.


Vous l’avez compris, jamais elle ne dépassera le stade de chenille. Couic !


Alors, maintenant que vous vous êtes mis dans la peau d’un papillon, écoutez bien mon conseil : éviter de tondre ou désherber entre avril et juin (période d'activité).


Il en va de la pérennité des populations de papillons installée chez vous.


Étape 3 : Planter, favoriser et conserver des sources de nectar favorable

Les papillons sont des insectes avec un régime alimentaire différent selon le stade de vie. Nous venons de voir que la chenille est phytophage et se nourrit de plantes bien particulières afin de mener à terme sa croissance.

L’adulte, contrairement à la chenille, se nourrit en grande partie d’une substance sécrétée par les plantes appelées nectar.

Il est constitué d’eau, de sucre, d’acides aminés et de protéines.

Cette substance possède, par son goût ou son odeur, un fort pouvoir d'attraction sur les insectes.

Il existe différents types de nectar. Leur composition va varier selon les plantes, mais aussi selon différents paramètres tels que l’altitude ou la température.

Il en résulte une concentration plus ou moins forte en sucre. Ceci va directement influencer sur les caractéristiques du nectar, notamment sa viscosité.

Chaque animal utilisant le nectar comme source d’alimentation a dû choisir des types de nectar adapté à ses organes alimentaires.

Chez les papillons, qui utilisent leur trompe pour « boire » le nectar, ce sont les nectars peu visqueux qui sont particulièrement recherchés, car plus facile à récupérer et à assimiler.

10 plantes indispensables pour nourrir les papillons

  • Sauge
  • Bourraches
  • Lavandes
  • Aubépine
  • Romarin
  • Ail des ours
  • Framboisier
  • Mauve sylvestre
  • La Consoude
  • L’Hysope

En plus d’êtres nectarifères certaines sont aussi mellifères, c’est-à-dire directement utilisables par les abeilles. Que du bonheur !

Piège à éviter : le buddleia ou arbre à papillons

Cette plante a recours à une stratégie assez sournoise. Elle émet des odeurs très fortes qui sont attractives, et présente une couleur mauve qui attire beaucoup les papillons.

Cependant, elle a un nectar pauvre en qualité et pauvre en sucre (autour des 30% alors que d'autres plantes vont jusqu'à 70%).

Les papillons qui se laissent berner dépensent plus d’énergie à polliniser cette plante pour finalement n'en retirer qu’un très faible avantage énergétique. De plus, les feuilles de l'arbre à papillons renferment une molécule, l'aucubine, toxique pour les chenilles et certains insectes.

Enfin, il est considéré comme une espèce exotique envahissante (EEE). En effet, le buddléia peut former rapidement des peuplements monospécifiques denses qui peuvent exclure localement d’autres espèces.

C’est exactement le contraire de ce qu’on souhaite pour notre jardin à papillon.

Pour le bien de votre futur jardin à papillons, oubliez-le !

Étape 4 : Créer une mosaïque d’habitats et la conserver

Comme tous les animaux, les papillons ont besoin de se déplacer et s'abriter. C’est un besoin vital.

En effet, sans la possibilité de se déplacer et s'abriter efficacement ils ne pourraient pas survivre aux prédateurs, se reproduire ou encore s’alimenter.

Malheureusement, même s’ils peuvent voler, leurs déplacements sont limités en moyenne à quelques centaines de mètres par jour (pour les papillons non-migrateurs).

Ainsi, avoir un jardin comportant une mosaïque de milieux différents est essentiel pour permettre aux papillons de satisfaire tous ces besoins sur une courte distance.

Pour illustrer cette importance, on va (encore) faire un petit exercice ensemble.

Exercice 3 : La loi de la jungle

Fermer les yeux et imaginez-vous 2 minutes à la place d’un papillon. Vous êtes dans une prairie fleurie, vous butinez tranquillement lorsqu'une ombre vous passe au-dessus de la tête.

C’est un oiseau, qui cherche son déjeuner. Vous vous sentez menacé et cherchez un endroit pour vous abriter.

Malheureusement, le bosquet d’arbustes le plus proche est à plus de 30 m.

Vous l’avez compris, vous ne survivrez pas à l’oiseau.

Voilà pourquoi il est très important d’avoir une multitude de milieux différents dans votre jardin et de garder une forme de connectivité entre ces milieux.

Cette recommandation est très largement admise par la communauté scientifique.

On peut citer par exemple l'étude d'Anne Villemey et son équipe en 2015. 

Cette étude avait pour objectif de mesurer l’abondance et la diversité des papillons le long de 286 transects dans 18 paysages différents en Bourgogne, Aquitaine et Gascogne.

Le protocole de récolte des donnée de l'étude

Les résultats ont montré qu’un paysage combinant plusieurs éléments paysagers (paysage hétérogène), tel que des bosquets d’arbres et des prairies, augmentait la diversité et l’abondance des papillons de 25 à 50 % par rapport à un paysage comportant uniquement des prairies (paysage homogène).

6 actions concrètes pour mettre en place ce principe :

  • Planter des arbres / créer un verger
  • Créer des bandes enherbées autour de votre potager
  • Créer un espace dédié à une prairie fleurie
  • Maximiser les effets de lisières en combinant bandes enherbées et haies.
  • Si possible garder des éléments semi-naturels (arbres déjà présents sur votre terrain, bosquets d’arbustes sauvages, carré d’orties sauvages, etc.)
  • Dans la mesure du possible, connecter tous ces éléments pour faciliter le déplacement des papillons. Vous pouvez par exemple installer une prairie fleurie entre un bosquet et un champ d’orties.

Conclusion

Avec la stratégie présentée dans cet article, vous pouvez espérer dès la première année une augmentation de 50 % de la diversité de papillons de votre jardin (si vous vous y prenez suffisamment tôt dans la saison).

Alors, plus d’excuse, vous savez exactement quoi faire pour contribuer au retour des papillons dans votre jardin.

À vous de jouer !

Dites-moi dans les commentaires si vous connaissiez déjà ces principes et si votre jardin regorge (ou pas) de papillons. 

Et surtout, si l'article vous a plu et qu'il peut intéresser une personne de votre entourage, partagez le sur les réseaux sociaux.

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